Centre d’injection supervisé….suite….

Publié le 17 mai 2011 à 05h00 | Mis à jour le 17 mai 2011 à 08h38

Centre d’injection supervisé: pas dans St-Roch, dit la Ville de Québec

Contrairement à l’organisme Points de Repères, qui souhaite que le centre d’injection supervisé soit établi près des usagers, la Ville de Québec privilégie un endroit près d’un centre hospitalier.

Photothèque Le Soleil

  Marc Allard
Le Soleil

(Québec) La Ville de Québec ne veut pas d’un centre d’injection supervisé par Point de Repères au coeur du quartier Saint-Roch.

Lundi soir, au conseil municipal, la conseillère du district des Faubourgs, Chantal Gilbert, a affirmé que si le ministre de la Santé, Yves Bolduc, donnait le feu vert à l’implantation de piqueries supervisées au Québec, l’administration Labeaume privilégierait que le centre soit situé près d’un «milieu hospitalier ou près d’un centre de santé».

Mme Gilbert, qui est membre du comité exécutif, a aussi indiqué que la Ville ne souhaitait pas que le centre d’injection supervisé soit «entre les mains d’un centre indépendant» en plein coeur d’un quartier central.

Point de Repères, qui pilote le projet de centre d’injection supervisé, souhaiterait que la piquerie soit située à Saint-Roch, à proximité de la majorité des utilisateurs de drogue par injection. L’organisme d’aide aux toxicomanes songe toutefois à d’autres quartiers, comme Limoilou et Saint-Sauveur.

La prise de position de la Ville survient à peine deux jours après la consultation publique organisée samedi par le conseil de quartier de Saint-Roch, qui fera connaître sa position à la mi-juin, au terme de cette démarche menée de concert avec les conseils de quartier de Saint-Sauveur et du Vieux-Limoilou.

Lors de son intervention au conseil municipal, la conseillère Gilbert a mentionné à deux reprises qu’elle tenait à rassurer la population sur l’arrivée d’un centre d’injection supervisé au centre-ville.

«Cette consultation publique a eu lieu, a-t-elle dit, mais ça ne veut pas dire qu’il va y avoir un centre d’injection supervisé qui va s’installer demain matin. C’est quelque chose qui serait de longue haleine et qu’on ne verra d’ailleurs peut-être jamais.»

Joint lundi soir, le directeur de Point de Repères, Mario Gagnon, était étonné que la Ville prenne position «si vite». Il dit qu’il n’avait pas eu cette impression, samedi, en serrant la main de la conseillère Gilbert, lors de la consultation publique.

Calqué sur la SDC

M. Gagnon croit que l’administration Labeaume a calqué sa position sur celle de la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville, qui s’oppose fermement à l’implantation d’un centre d’injection supervisé dans Saint-Roch. La SDC estime qu’une piquerie supervisée découragerait les familles de s’installer dans le quartier et plaide plutôt pour que le service soit arrimé avec les hôpitaux et les CLSC.

Au cours de la consultation publique, samedi, le lieutenant Sylvain Gagné, de la police de Québec, a fait écho aux propos de Stéphane Sabourin, directeur général de la SDC. «Nous croyons que tout devrait être sous le contrôle de la santé publique, car il faut une supervision médicale. Il ne faudrait pas reléguer ça à un organisme communautaire», a déclaré le lieutenant.

Mario Gagnon affirme qu’il ne voit aucun problème à ce que le centre d’injection soit supervisé par la santé publique, pourvu qu’il se trouve près des utilisateurs de drogue par injection.

Selon le directeur de Point de Repères, le CLSC de la Basse-Ville, sur la rue Saint-Joseph, près du boulevard Langelier, serait un très bon endroit pour offrir le service

 

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